Interview Monica Ekström, Présidente de la région Värmland (S)

Monica Ekström est présidente de la Commission « Santé publique » de la région suédoise de Värmland, région pionnière au sein du programme « Prévention de la violence conjugale – une approche de santé publique ».

Nicolas Schirrer : Quels sont aujourd’hui, au XXIème siècle, les mécanismes de la violence conjugale ?

Monica Ekström : Vivre sans subir de violences fait parti des droits de l’homme… Je pense que la vision patriarcale et cette norme qui veut que les hommes ont le droit de posséder, contrôler et exercer le pouvoir sur les femmes sont les bases de la violence conjugale. Cette violence structurelle est totalement inacceptable et nous, en tant que politiciens régionaux, devons prendre nos responsabilités et agir. Les conséquences de cette violence sont vastes, elles s’étendent au delà du bien-être et de la santé de l’individu vers le malaise d’une communauté toute entière. Vivre dans une relation violente affecte une femme dans son estime de soi et sa capacité à vivre en société. Des études ont montré que les femmes battues sont, de manière continue, restreintes dans leur droits à l’information et aux services, dans leur vie sociale et le soutien émotionnel qu’elles reçoivent de la famille et des amis. Il n’est donc pas surprenant que ces femmes soient proprement incapables de prendre soin d’elles ou de leurs enfants, de trouver un emploi ou de poursuivre une carrière professionnelle. Et bien-sûr il ne faut pas oublier que partager la vie d’un partenaire violent entraîne des dangers pour la santé physique et mentale des femmes, ceci allant jusqu’à un danger de mort.

N.S.: En plus de la communication, de l’éducation, qu’est-il important de faire pour améliorer les possibilités de recours et/ou les soins apportés aux victimes ?

M.E.: Une approche multi-sectorielle est absolument nécessaire. La prévention de la violence conjugale doit être entreprise à tous les niveaux. C’est pourquoi le conseil régional de Värmland a adopté un Plan d’action contre la violence conjugale et son implication dans la santé publique. Il faut saisir les opportunités de financement qu’offrent le programme Daphne II pour coopérer sur ces sujets. Mais je voudrais également insister, en référence à la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant, sur l’impact qu’a cette violence sur les enfants car ils en sont souvent les témoins. En voyant (ou ne serait-ce qu’en entendant ou en ressentant) ces coups portés à sa mère l’image du parent attentif et réconfortant est troublée : il y a là un vrai danger pour l’enfant de développer en grandissant des troubles et d’être susceptible de reproduire ces schémas violents.

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